Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue*

01/06/2020

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"Nous sommes confrontés en Europe à un problème : la montée des fondamentalismes. Il n'est pas le seul en Europe mais le fondamentalisme islamique est aujourd'hui préoccupant. Cela fait plus de vingt ans que je l'étudie et le vois se développer (...).

Nous devons relever plusieurs défis. Il nous faut nous protéger et garder notre sang froid face à la violence perpétrée par la forme guerrière du fondamentalisme qu'on appelle "jihadisme". Il nous faut également résister au fondamentalisme « pacifique » (que certains appellent à tort "quiétiste") de  "théocrates" qui contestent et fatiguent notre système démocratique certes imparfait mais qui s'arrime à des valeurs d'égalité et de justice, garantit tout de même la libre expression et le droit des peuples à se déterminer.  Enfin et surtout, nous devons veiller à ne pas apporter de l'eau à ces moulins. Car ces groupes à la fois minoritaires et très influents n'ont que la puissance que nous leur cédons !

Les formes violentes du fondamentalisme, ultra-minoritaires, relèvent de la sécurité intérieure. Les formes "douces" (influences sectaires, entrisme, dissimulation) qui sont moins rares sont plus difficiles à endiguer.  Il faut une excellente connaissance de ces milieux et de leur techniques d'endoctrinement. 
Quelles que soient nos sensibilités politiques, religieuses, philosophiques, nous devons leur opposer notre attention citoyenne critique, notre vigilance, bref nos intelligences individuelle et collective, afin de réduire leur emprise. 

Bruxelles est particulièrement concernée en tant que capitale européenne. C'est pourquoi je soutiens l'"Observatoire des fondamentalismes à Bruxelles"  et son projet de connaissance. J'y apporte mon concours sans hésitation". 


* Florence Bergeaud-Blackler est anthropologue, chargée de recherche CNRS au GSRL. Sa page web : www.bergeaud.blackler.eu